Ce vendredi , nous avions une invitée surprise: dans le cadre du printemps des poètes, Valérie Rouzeau était à Surgères et elle a accepté de venir échanger, durant deux heures, avec une classe de seconde du Lycée du Pays d’Aunis.

Les élèves avaient préparé, en son honneur ,  une émission littéraire où ils jouaient , tour à tour, les rôles de journaliste, présentateur et bien sûr , lecteur et commentateur de son oeuvre. Madame Teissier avait  judicieusement réaménagé  l’espace du CDI pour cette rencontre.

Après le jingle de l’émission “La grande librairie”, Alexis ouvrait de bien belle manière l’émission avant de donner la parole à Lucia pour un portrait très réussi qui mêlait réalité et imagination. Après avoir évoqué la bibliographie de notre invitée et commenté les titres énigmatiques de ses recueiils tels que Neige rien , Vrouz ou Sens Averse, Juliette et Alexis nous offraient une traduction simultanée , en hommage au métier de Valérie Rouzeau qui a traduit, en français , la poètesse américaine Sylvia Plath. La classe avait ensuite préparé des portraits de poètes en drôles de bêtes : chameau, corbeau, crapaud et ver de terre ; Notre poétesse  qui vit avec son chat Sacha , nous a avoué que si elle devait choisir un animal: il ne devrait pas être trop beau “plutôt âne que cheval”  a-t-elle ajouté et si c’était un chien, ce serait un “corniaud ” . Mailie , Lilou et Léane se sont fait les interprètes de ces drôles de bêtes. Nous avons ensuite dressé , de manière très poétique, une to do list de choses essentielles comme “caresser un arbre ” “manger des sushis dans mon lit ” et des “pâtes à la tomate avec notre poète acrobate “;

Après ce joil florilège, nous avons cherché à confronter nos artistes au monde du travail : comment un poète se présente-t-il chez France Travail ? Flavie, Lauriane, Tyana , David et Mathéo ont lu de manière très expressive leurs portraits de poètes demandeurs d’emplois et Valérie Rouzeau a partagé avec nous , son expérience de VRP , voyageuse représentante placière en encyclopédie Hachette ,avant de reprendre ses études et d’aller à l’université étudier l’anglais . Elle aurait préféré faire des études de lettres mais comme elle bénéficiait d’une allocation versée par l’Etat et qu’elle ne souhaitait pas être enseignante, cette orientation lui a été refusée. Après une pause, nous avons commencé les lectures commentées des poèmes choisis par les élèves :  Madame Durupt a débuté cette rubrique par un court poème en hommage à Antoine Emaz, un des poètes préférés de Valérie Rouzeau : Enzo, Naomi et Léa ont ensuite lu un poème très touchant, écrit pour la mort de son père qui commence comme une comptine nostalgique  “nous n’irons plus aux champignons le brouillard a tout mangé les chèvres blanches et nos paniers…” ; Chacun s’est ensuite levé à tour de rôle pour lire son texte et c’était un très beau moment d’émotion et de partage . 

Merci à  Arthur, Claire, Noah, Ronan,  Stan, Malo. Valérie Rouzeau a mis fin à cet échange en expliquant les secrets de fabrication de certains de ces textes ; notamment ce qu’on nomme un centon un poésie,  une curieuse technique de composition  qui consiste à écrire à partir de vers empruntés à d’autres artistes afin de leur rendre hommage . Merci beaucoup, Madame Rouzeau pour vos mots à vous et ce que vous appelez “mes mots des autres “ ; Nous aimons beaucoup ce que vous faites et avons hâte de découvrir, l’an prochain, votre nouveau recueil dans lequel , nous aurons peut-être, une toute petite place.  

Laurence Durupt